La société granbretonne

chapitre 4

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Le commerce impérial

Ce chapitre est consacré à l'étude des relations extérieures de la Granbretanne avec l'Europe, et en particulier du commerce.

En 4732, Huon fut forcé de reconnaître que son peuple ne pouvait pas se développer en totale autarcie, surtout s'il avait l'intention de conquérir le reste du monde. C'est pourquoi il créa l'Ordre de l'Anguille, un Ordre marin car l'essentiel du commerce consistait alors à transporter les marchandises par delà le Canal de Granbretanne (la Manche). Il commença par chercher au plus près en servant d'intermédiaire entre les hommes-serpents du Sypswitch et la France. Puis, réalisant que sa marge bénéficiaire était trop petite, il décida en 4759 de ne plus avoir à payer les hommes-serpents et organisa l'invasion de leur territoire. Il conserva les indigènes en vie et les mit au service de l'Empire contre une apparente liberté (bien qu'une garnison de Crapauds resta en permanence au Palais de l'Ancêtre). Le travail des Cyclopes devint aussi une part importante des exportations de l'Empire à partir de 4764. A partir de 4771, les activités commerciales des Anguilles devinrent de plus en plus vastes, avec vente d'armes blanches de qualité (conçues par les Trolls), produits manufacturés divers et luxueux, œuvres d'art et tissus. Dès 4803, les arsenaux de Granbretanne reçurent même leurs premières commandes de la Hollandia car le bois de l'Arkwood s'avérait présenter des qualités intéressantes et Huon refusait de vendre le bois lui-même (il aurait rapporté moins cher). Les raisons de ce succès résident dans le fait que la Granbretanne proposait en effet des produits de qualité supérieure à des prix somme toute raisonnables. De plus, la Granbretanne ne s'était encore fait aucun ennemi et la Hollandia, comme la Germanie, ne possédaient aucun contact avec la Mer du Milieu, et l'Espanyia n'a jamais eu beaucoup de navires faisant route dans l'Atlantique. Quant à la raison des prix très raisonnables de l'Empire, elle est que, puisque les Anguilles travaillent pour l'Empereur-Roi et non pour leur propre profit, les bénéfices escomptés peuvent être particulièrement bas sans provoquer de déficit. En fait, l'Empire pouvait survivre sans ce commerce, c'est se développer qui était dur.

En 4791, la Granbretanne ouvre une ligne commerciale de fret entre Bord'eaux et Amsdam, le port le plus actif de la Hollandia. Cette ligne, une fois de plus, était très intéressante pour les Européens. Puis, en 4825, les modèles de lances-feu de 3916 sont mis à la vente. A côté des modèles possédés par l'armée granbretonne, il s'agissait d'antiquités, mais outre que Huon n'avait pas l'intention de donner à ses ennemis potentiels des armes aussi efficaces que les siennes, leur quantité permettait d'intéresser n'importe quelle nation peu avancée en technologie.

En 4801, la Granbretanne décide d'élargir ses routes maritimes et envoie des ambassadeurs, des représentants de l'Anguille, discuter avec l'Espanyia des conditions d'accès à la Mer du Milieu. Mais l'Espanyia n'avait pas l'intention d'abandonner son monopole à cette "nation ridicule". Du coup, la côte ouest de la péninsule spanyare devient le théâtre d'une guerre maritime entre les deux nations. Les Serpents de Mer se sont fait leur réputation à cette occasion plus qu'en chassant les pirates scandins. L'Espanyia dut céder en 4857 lorsque, ayant installé une base en Afrik au niveau du détroit de Gibralta, la Granbretanne put harceler les navires spanyars le passant. Certes, l'Empire du Milieu (ou ce qu'il en restait) aurait pu les en déloger, mais le coût en aurait été élevé et Huon débloqua la situation en envoyant de nouveau des négociateurs, comme si lui-même était en mauvaise posture, ce qui était loin d'être le cas, car lui ne risquait pas l'invasion par les Français. Un traité fut signé. La base en Afrik fut abandonnée et le passage du détroit aux navires granbretons autorisé, contre le paiement de 50% des bénéfices réalisés par les transports en Mer du Milieu. Cette fois-ci encore, c'est le statut particulier des marchands de l'Empire qui leur permit de survivre à des conditions pareilles (ce que n'avait pas prévu l'Espanyia). Les vrais bénéfices pouvaient attendre, ce qu'il fallait à Huon, c'était un avant-poste dans la Mer du Milieu.

Dès lors que cet accord fut signé, la Granbretanne avait de plus en plus de contacts avec le reste de l'Europe et finit par ouvrir des comptoirs de commerce réellement organisés dans les ports visités. En 4876, Huon créa l'Ordre du Chameau pour ouvrir de nouveaux Hôtels de Commerce dans des villes non portuaires. Les convois de marchandises granbretonnes étaient escortés par les troupes de l'Empire et donc très sûres. Et comme les nations européennes considéraient qu'une si petite nation, insulaire de surcroît, ne présentait pas de danger, surtout en dispersant ainsi ses troupes, l'idée de convois escortés par des militaires de carrière, soumis à une discipline plus stricte que les mercenaires ou autres organismes d'escorte, intéressa beaucoup les Guildes marchandes. Par contre, les Guildes de convoyage n'apprécièrent pas du tout. Huon régla le problème en leur versant l'argent que leur versait tout autre convoi. Une fois tout le monde satisfait, le rôle de convoyeurs des Granbretons ne fit que croître. En fait, l'essentiel des revenus de l'Empire ne venait plus de la vente de marchandises mais de la protection de celles des autres. Puis les Chameaux devinrent des revendeurs, ouvrant de nouveaux marchés, augmentant encore les gains de l'Empire. En 4924, du fait du nombre de villes abritant un Hôtel de Commerce granbreton, Huon transforma ceux des capitales en véritables ambassades et créa l'Ordre du Renard pour tenir le rôle. Ce qui fait que chaque ambassade de l'Empire abrite un comptoir de commerce.

Désormais, la présence granbretonne en Europe était suffisamment assurée pour que le profit revienne vraiment à l'ordre du jour. En 4968, l'ambassadeur en Espanyia amène une missive signée de Huon expliquant que, désormais, la Granbretanne refuse de payer un impôt exorbitant obtenu par la force. S'ensuit une nouvelle série de batailles navales ainsi qu'un âpre bras de fer diplomatique. En fin de compte, et en 4969, l'Espanyia abandonne ses prétentions à l'impôt et la Granbretanne abandonne un grand nombre de lignes dans la Mer du Milieu. Mais comme Huon n'est pas bête, il garde celles qui permettent de rentabiliser encore plus les convois terrestres, comme la ligne Athéna / Karack (en Turkia) et Mazeille / Padya. Evidemment, toutes les relations commerciales avec l'Espanyia durent être abandonnées.

Au cours des années qui suivirent, seules les Guildes de commerce de Germanie et de Roumanie empêcheront les Chameaux d'établir de bonnes lignes de commerce. La Moscovie, la Sweiss et la Bégik vont aussi présenter une certaine résistance, imposant de lourdes taxes aux produits granbretons importés. Mais dans l'ensemble, le commerce granbreton devint florissant. En 5013, les Chameaux et les Renards vont affronter la Guilde marchande germaine et finalement obtenir l'ouverture des deux tiers des cités de la fédération.

Une fois la situation commerciale stabilisée, les Renards purent se consacrer à leur véritable tâche, à savoir l'espionnage et la corruption. C'est ainsi que le duc Shariskahn devint seigneur de l'Oléan et que de nombreux nobles vont être impliqués dans des complots. Les nations les plus protégés des manœuvres des Renards étaient l'Espanyia, la Moscovie et la Sweiss, qui n'abritaient chacune qu'une ambassade granbretonne, à Madrid, Kerninburg et Jnève.

L'Ordre de l'Anguille ne cessa de perdre de l'intérêt depuis 5087, période où le transport de marchandises par la mer devint de moins en moins rentable pour l'Empire (à cause des troupes mobilisées). S'il s'est maintenu depuis, c'est uniquement comme couverture à la présence de navires granbretons dans les ports européens et dans la Mer du Milieu.

La technologie granbretonne ne fut pas beaucoup exportée. Cependant, la lance-feu et le canon-feu furent délibérément livrés aux Européens, bien que sous la forme de modèles anciens et dépassés, ce qui n'a pas empêché la Moscovie d'en tirer des canons-feu plus performants encore que ceux de la Granbretanne.

La marine impériale

La nature même de la vie maritime représente un obstacle à l'organisation des Granbretons. Les bateaux sont trop grand pour n'accueillir qu'une Meute, mais trop petits pour accueillir un Bataillon, et les Ordres ne peuvent pas cumuler correctement les deux fonctions de marin et de guerrier. Il faut donc faire coexister plusieurs Ordres. Mais dans ce cas, qui commande ?

La propriété des navires, la hiérarchie des Ordres

Initialement, l'Ordre du Serpent de Mer était le seul Ordre marin. Lorsque l'Ordre du Poisson en fut issu en 4248, le problème de l'autorité sur les navires commença à apparaître. Les Serpents de Mer purent garder le savoir de la navigation et ainsi conserver l'autorité sur les navires. Lorsque le premier modèle de navire, le Piranha, disparut, ne laissant que le Barracuda, les Poissons se retrouvèrent en grand nombre sur tous les navires. C'est pour compenser cela que, en 4961, à la création du Grand Serpent, les Serpents de Mer commencèrent par faire interdire ces navires à l'Ordre du Poisson. Mais leurs propres résultats s'en ressentait, et le Poisson fut autorisé à bord des Grands Serpents. Cependant, les Serpents de Mer avaient fait la démonstration de leur désir de rester supérieurs aux Poissons. Huon édicta alors une loi qui garantissait aux Serpents de Mer de toujours avoir l'autorité sur tout navire abritant au moins un officier Serpent de Mer.

Lorsque l'Ordre du Requin fut créé, la loi leur fut étendue. C'est à dire que les Requins devaient obéir à tout officier Serpent de Mer et seulement à ceux-ci, ayant autrement toute autorité sur les occupants d'un navire sans officier Serpent de Mer.

Il faut bien voir qu'il fut considéré d'office que les Loutres, les Anguilles, les Chacals, les Serpents, les Visons, les Corbeaux ou les Belettes, puis leurs remplaçants, et tous les passagers étaient sous l'autorité des Serpents de Mer, ou des Requins, selon les cas. La discipline au sein d'un Ordre est laissée à la charge des officiers de cet Ordre, mais les officiers marins ont le droit d'intervenir sur les châtiments, de même qu'ils peuvent ordonner à un Chef de Meute d'envoyer ses troupes au combat. La désobéissance dans un tel cas est considérée comme un crime au même titre que la désobéissance à un supérieur de son Ordre.

Les fonctions des Ordres

L'Ordre du Poisson Il s'agit des marins de base. Ils entretiennent les navires et s'occupent des manœuvres. Leur fonction est ingrate et ceux qui entrent dans cet Ordre sont les amoureux de la mer qui s'avèrent trop faibles pour faire des guerriers, ou trop lâches, ce qui est le stéréotype gardé par les Serpents de Mer.

L'Ordre du Serpent de Mer Il s'agit des marins guerriers, mais leur rôle est essentiellement celui de guerrier. En cas d'urgence, les Serpents de Mer peuvent aider les Poissons à manœuvrer un navire, mais vraiment seulement en cas d'urgence (tempête…). Tandis que les officiers Poissons dirigent les groupes de marins, les officiers Serpents de Mer sont les navigateurs. Un Chef de Meute Poisson n'a aucune connaissance en navigation, ce qui n'est pas le cas des Chefs de Meute Serpents de Mer. Les Animaux n'ont de fonction que lors des abordages, des combats marins. Leur entraînement se focalise en effet sur la possibilité de se battre dans des conditions de stabilité médiocre, comme sous une forte houle. La contrepartie, c'est qu'ils ont peu développé leur coordination stratégique (il n'y a pas de manœuvre possible sur un navire) et qu'ils ont donc de grandes difficultés à se battre dans des circonstances qui en demandent, comme lors de l'invasion d'un port, et en fait tout combat sur la terre ferme. C'est l'éternel problème de l'Empire, la spécialisation exagérée des citoyens.

L'Ordre du Requin Il s'agit là aussi d'un Ordre de marins guerriers. Cependant, ils sont plus sauvages, plus sanguinaires, et plus orientés sur le pillage. Ils forment aussi un Ordre frère de la Goule des Mers, créée peu avant. Du coup, les Requins suivent un stage chez les Goules pour apprendre comment saboter un port pour affaiblir ses défenses, permettre de le tenir, et enfin de le dévaster. En fait, très amical, cet Ordre est aussi bien associé à la Loutre et les deux ont mis en place certaines stratégies de soutien permettant aux Loutres de mieux investir leurs cibles. Par contre, les Requins sont encore moins capables de se battre sur la terre ferme que les Serpents de Mer, ayant appris à se battre dans l'eau, essentiellement pour abattre ceux qui y sont poussés par les Loutres (c'est un soutien comme un autre, puisqu'il est plus simple de pousser l'ennemi à l'eau et de le laisser aux Requins).

L'Ordre de la Loutre Il s'agit là aussi de marins guerriers, mais elles sont plus guerrières classiques que guerrières aptes à se battre en mer. Si besoin est, elles pourront être assez performantes, mais elles ne donneront leur plein que lors de débarquements. Spécialistes du combat en ville avec les stratégies qui s'y rapportent, les Loutres savent aussi se battre sur un terrain instable, comme le sable ou des marais peu profonds (ou la boue), des terrains fréquemment rencontrés sur les côtes. La fonction des Loutres est en fait essentiellement de prendre les ports ennemis et, pour les plus petites villes, les cités complètes.

L'Ordre de l'Anguille Il s'agit de l'Ordre de marchands qui transportent les marchandises par la mer. Indispensable au début des relations commerciales de la Granbretanne, l'Ordre perdit de plus en plus de son intérêt avec le développement du Chameau. En 5291, les Anguilles furent intégrées au Chameau et désormais ce sont des Masques de Chameau que l'on trouve sur les (peu nombreux) navires marchands de l'Empire.

L'Ordre de la Belette Cet Ordre d'artilleurs a pour fonctions sur les navires granbretons de manier les armes lourdes classiques, comme les balistes et les catapultes, les boules de poix enflammées, etc. Il disparaîtra en 5306 lorsque l'artillerie moderne remplacera complètement les engins classiques.

L'Ordre du Chacal Cet Ordre d'artilleurs est chargé des armes technologiques, comme les lances-feu, les canons-feu et les lances-feu lourdes. En 5306, la marine granbretonne étant remaniée, les Chacals habitués au combat marin formeront un nouvel Ordre, l'Espadon. Ce n'est pas que les techniques soient très différentes, mais il y a certains trucs à apprendre et surtout, Huon voulait différencier radicalement la marine de l'armée de terre.

L'Ordre du Corbeau Cet Ordre aérien a pour charge de harceler les navires ennemis, d'enflammer les voiles, et autres actions du genre avant que les artilleurs ne puissent entrer en fonction. Cette utilisation des Aériens par la marine granbretonne est la raison de son succès dans les batailles navales. (comme me l'a dit un ami : l'avenir de la marine, c'est l'aviation). En 5306, lors du remaniement de la marine, puisque le rôle de transport de troupe était inutile et que les bombardements de navires étaient plus intéressants que les actions plus individuelles, le nouvel Ordre de l'Aigle remplacera le Corbeau sur les navires. Contrairement aux Chacals, aux Belettes et aux Serpents, les Corbeaux (puis les Aigles) sont régulièrement remplacés car la mentalité de l'Ordre ne s'accorde pas avec la vie confinée à bord d'un navire. Huon envisagea un temps de créer un Ordre de la Mouette pour cela, mais il se rendit compte que ça ne serait pas vraiment intéressant, puisqu'il est ainsi possible de dégarnir un navire restant au port pour regarnir une garnison terrestre.

L'Ordre du Serpent Cet Ordre avait pour fonction de s'occuper des moteurs des navires à propulsion (à partir de 5294) et des ornithoptères. En 5306, il fut remplacé par de simples techniciens, et non plus des chercheurs, l'Ordre de l'Iguane. Après 5317, les Iguanes commenceront à remplacer les Poissons dans le rôle de marins, sur les navires aux moteurs les plus performants. En 5343, le Poisson va disparaître avec le dernier Grand Serpent encore en activité.

L'Ordre du Vison Il peut sembler étrange de mettre des Visons systématiquement sur les navires de guerre, mais il faut se rappeler la réputation (souvent méritée) des navires des 18° et 19° siècles. Lors de longs voyages, tout le monde a besoin de se distraire et de se défouler. Comme les Granbretons n'ont ni la superstition selon laquelle une femme à bord porte malheur, ni le tabou moral d'employer des individus pour avoir des relations sexuelles sur commande (on appelle ça des prostitué[e]s chez nous), il leur a semblé normal de mettre des Visons à la disposition des membres d'équipage et des passagers. Comme toujours, il y a des Visons mâles comme femelles. Des règles sur leurs services, mêlant horaires pour l'équipage, horaires pour les passagers et pratiques autorisées, ont été instituées afin de s'assurer que rien ne perturbe la vie à bord. Les services des Visons à bord sont payés, selon un forfait particulier, par l'Ordre du Serpent de Mer (ou du Requin, selon le propriétaire du navire), qui est aussi l'Ordre faisant payer le prix des places aux passagers lorsqu'il ne s'agit pas de service commandé.

Les officiers, l'organisation des Ordres

L'Ordre du Poisson N'ayant aucune autorité, l'Ordre du Poisson n'a pas besoin de beaucoup d'organisation. Ceci fait que l'Ordre dans son entier ne connaît pas de Connétable et que la structure en Bataillon est très libre. En fait, un Bataillon, chez les Poissons, correspond à la population de Poissons d'un navire. De même, la taille des Meutes varie en fonction du rôle qui leur est assigné.

L'Ordre du Serpent de Mer Là encore, la population d'un navire correspond à un Bataillon afin de faciliter le commandement. Par contre, les Meutes sont fixes, comptant dix membres. Les Connétables dirigent des flottes de huit à quinze navires, les Grands Serpents (puis les Dragons des Mers) comptant pour deux. Si une flotte plus grande venait à être constituée, et depuis 5268, le commandement de la flotte reviendrait à un Connétable Sans-Visage. Avant 5268, les flottes supérieures étaient désorganisées, constituées en fait de petites flottes de huit à quinze navires. Comme de toutes manières seuls les Granbretons étaient organisés à ce point, cela ne leur posait pas trop de problème (bien qu'il soit arrivé que des batailles soient perdues à cause de cela).

L'Ordre du Requin Les Requins ne possèdent pas de Légion, ni, du coup, de Connétable. Leurs Bataillons rassemblent de trois à quinze Barracudas ou, après 5306, de deux à dix Dauphins. Cette organisation est due à leur rôle de maraudeurs des mers, nécessitant des unités variables en fonction de la surface à couvrir et du danger encouru (en Mer du Milieu, les Bataillons avaient une légère tendance à compter quinze Barracudas). Il existe des Bataillons mixtes regroupant entre quatre et neuf Barracudas, d'une part, et trois à sept Dauphins, d'autre part.

L'Ordre de la Loutre Elles s'adaptent sur les navires à l'organisation de l'Ordre qui les dirige. Par contre, une fois débarquées, elles retrouvent une organisation classique, dans laquelle les Meutes comptent huit Animaux et un Chef de Meute et les Bataillons comptent vingt Meutes. Du coup, si une flotte abrite plus de quarante Meutes, un Connétable lui est associé. Celui-ci est en vacances tant qu'il est à bord. Il n'a aucune autorité, sauf pour ce qui est de la discipline des Loutres.

L'Ordre de l'Anguille Elles ne sont jamais beaucoup présentes sur un navire. On peut donc considérer qu'une flotte marchande abrite au plus deux Meutes d'Anguilles, qui sont alors placées sous l'autorité d'un des deux Chefs de Meute et fusionnées en une seule Meute.

L'Ordre de la Belette et l'Ordre du Chacal Ces deux Ordres sont regroupés en Bataillon sur chaque navire. L'ensemble des Bataillons d'un Ordre assignés à la marine forme une seule Légion, dont le Connétable ne sert que de gestionnaire. C'est la plus grande Légion de chaque Ordre, mais aussi celle avec le moins d'autorité, de pouvoir. Il en sera de même avec les Espadons, qui eux ne posséderont même pas de Légion (puisqu'il n'y a qu'une Légion, c'est l'Ordre).

L'Ordre du Corbeau Toutes les Meutes d'un navire forment un Vol marin, dirigé par un Commandeur de Bord, qu'elles soient inférieures ou supérieures en nombre à celui requis pour former un Vol normal. Tous les Corbeaux d'une flotte forment une Nuée marine, dirigée par un Connétable marin. Il en sera de même pour les Aigles après 5306.

L'Ordre du Serpent Ils n'appartiennent à aucune Légion et les Meutes d'un même navire constituent une Grande Meute dirigée par un Chef de Grande Meute désigné au départ. Il n'y a aucune cohésion entre les navires pour ce qui est des Serpents. Les Iguanes ne seront pas très différents, puisque la seule chose qui changera sera le fait que toutes les Meutes de l'Iguane d'un navire formeront un Bataillon. L'ordre ne possédera aucune Légion.

L'Ordre du Vison Il conserve son organisation initiale : ni Bataillon, ni Légion. Les effectifs d'un navire sont considérés appartenir à une même Meute.

Le transport de troupes

Les navires granbretons sont employés pour le transport dans deux cas. Le premier est celui où le transport de marchandises ou de troupes est plus rapide et/ou plus sûr que le transport par la mer que par les routes (le "plus sûr" arrivera nettement moins souvent avec la création des Mille-Pattes). Le second est le cas où il faille faire débarquer des troupes pour contourner des défenses ou organiser une attaque simultanée en deux points d'un objectif. Les ornithoptères, bien que pratiques, ne permettent pas de transporter beaucoup de troupes.

Ce qui suit est une estimation assez grossière de ce que représente le transport de troupes, pour se faire une idée de ce que peuvent transporter les navires granbretons. Dans le poids d'un passager sont compris la nourriture qu'il consomme, le matériel qu'il transporte et le poids moyen d'un individu (souvent exagéré, comme les 100 kgs des Granbretons, afin de pécher par excès de prudence, pour ne pas rendre les Granbretons trop performants). P représente le poids global et N le nombre de jours de transport :

Les Granbretons : 50 kgs de matériel, 100 kgs personnels, 5 kgs de nourriture et de boisson par jour. P= 150+5*N

Les chevaux : pas de matériel, 500 kgs personnels, 20 kgs de nourriture et d'eau par jour. P=500+20*N. Quand on y ajoute que les chevaux sont agités en mer, on ne s'étonnera pas que les Granbretons préfèrent ne pas transporter leurs chevaux par la mer.

Les esclaves : pas de matériel, 60 kgs personnels, 2.5 kgs de nourriture et d'eau par jour. P=60+2.5*N. Deux avantages par rapport aux chevaux : ils mangent moins et ils sont plus calmes.

Un exemple : Pour un assaut, des trajets de cinq jours sont en général prévus, permettant dans de bonnes conditions de couvrir 1000 km. Aucun cavalier n'est embarqué en général. Un Barracuda peut de ce fait emmener, en plus de l'équipage, cent quatorze personnes (douze Meutes guerrières plus six Visons) et un Grand Serpent, deux cents (vingt Meutes guerrières, un Commandeur, une Meute de trolls et douze Visons). Ces chiffres peuvent sembler petits, mais il faut se rappeler que l'équipage de base comporte des Corbeaux, des Loutres, des Chacals et des Belettes, qui peuvent être débarquées ou remplacées au besoin (un ou deux navires d'escorte s'ajoutant alors à la flotte de transport).

Les châtiments

Les Granbretons connaissent quatre types de punitions, de châtiments pour les crimes commis par les leurs. Tout d’abord, il faut définir ce qui constitue un crime et ce qui constitue un délit chez les Granbretons. Un délit est une faute commise par un citoyen à l’encontre d’un autre et qui n’entraîne pas de graves conséquences. Le mensonge, le vol de biens dans le but de gêner l’autre, et non de se les approprier, les bagarres ne causant pas de blessure incapacitante (temporairement ou non) et la diffamation entrent dans le cadre des délits. Les crimes sont toutes les atteintes graves à la personne d’un granbreton, comme la destruction définitive d’un bien ou le vol avec intention de s’approprier les biens de l’autre, des blessures graves, handicapantes ou non, etc. Mais les crimes représentent aussi toute atteinte à l’ordre social granbreton : désobéissance (avec quelques exceptions), empêcher la bonne marche des affaires de l’Empire, trahison, lâcheté, vol envers un Ordre, irrespect envers la hiérarchie et destruction de matériel impérial. La désobéissance peut être excusée si elle a permis à l’individu de remplir sa mission et est même félicitée si la commission d’enquête établit que l’obéissance aurait empêché la réussite de la mission, ou aurait conduit à une réussite inférieure. Si la Granbretanne idéalise l’obéissance, elle reconnaît aussi le mérite de l’initiative individuelle, tant qu’elle est efficace. C’est à dire que si ça réussit très bien, on peut être promu, si ça réussit moyennement, on n’en a aucun écho, et si ça rate (et ce, que l’ordre initial ait eu ou non des chances de succès), on est jugé pour désobéissance.

Les Granbretons ont un système de casier judiciaire. Les délits et les crimes y sont notés, de même que les appréciations par les supérieurs directs. Ce dossier est étudié lorsqu’il s’agit de déterminer si un individu va être promu ou pas. Mais il a aussi une autre utilité, car les Granbretons considèrent qu’un châtiment n’efface pas une faute, il ne fait que la racheter. Aussi, lorsque le dossier fait état d’une accumulation excessive d’un certain type de faute, l’individu est jugé pour manquement aux devoirs d’un citoyen et subit le châtiment équivalent à une faute d’un degré plus importante à celui des fautes responsables de son jugement. Un exemple rapidement : Si un Granbreton a commis dix délits, il est jugé comme s’il avait commis un crime mineur (blessures graves non handicapantes et involontaires sur un autre Granbreton de son Ordre mais de rang égal ou inférieur ou d’un autre Ordre n’étant pas Connétable ou Grand Connétable). Une fois le jugement émis et la sentence appliquée, les fautes qui ont mené au jugement sont réellement effacées, mais une faute du degré supérieur est notée. Ainsi, dans l’exemple, le Granbreton ne sera plus responsable d’aucun délit mais, par contre, il sera responsable d’un crime mineur.

Les fautes sont toutes jugées par un tribunal d’Ordre, sauf les crimes les plus graves qui sont jugés par un Tribunal Impérial. Le premier est présidé par un connétable de l’Ordre de l’accusé ou Grand Connétable (si c’est un Connétable ou un Commandeur) tandis que le second est présidé par le Grand Connétable de l’Ordre de l’accusé, le Grand Connétable du Dieu et le Grand Connétable de la Mante (si le premier poste est déjà tenu par Grand Connétable du Dieu ou de la Mante, le Grand Connétable du Renard siège aussi), les trois se concertant pour rendre le jugement. Si deux Ordres sont impliqués, l’Ordre (de la) victime peut envoyer un représentant, un Commandeur, qui jouera le rôle de procureur général. Sinon, le juge (ou les juges) tiendront ce rôle. L’accusé n’a pas droit à un avocat, mais il peut faire comparaître des témoins et les interroger, ou faire un contre-interrogatoire des témoins de l’accusation. Mais disons-le franchement, en général, le sort de l’accusé est réglé à l’avance. En temps de guerre, sur le terrain, le supérieur hiérarchique de l’accusé peut même rendre un jugement immédiat, sans procès, et faire appliquer la sentence dans la minute.

Le châtiment pour les délits est en général une amende prélevée directement sur le "salaire" du coupable. Il peut aussi s'agir d'un temps de "travail d'intérêt général", ce qui correspond à une période d'esclavage. Ce dernier châtiment n'est appliqué que pour les délits graves (dont les conséquences ont été très importantes) concernant un autre Ordre. Les délits graves dans son Ordre sont en général punis par une amende et un passage à tabac. Dix délits constituent un crime mineur.

Les châtiments pour les crimes mineurs (blessures involontaires, vol de peu d'ampleur, désobéissance à un ordre sans grande importance, manquement à son devoir de nouveau sans importance, comme de dormir lors d'une garde à Londra) sont soit une incarcération durant entre deux semaines et trois mois, soit une période de trois jours à deux semaines durant laquelle le condamné doit rester sans Masque, même au combat, ce qui est appelé un DéMasquage, soit une Punition, c'est à dire que l'un des égaux du condamné va le tabasser jusqu'à l'inconscience, mais jamais jusqu'à provoquer des handicaps permanentes ou la mort. Quatre crimes mineurs constituent un crime majeur.

Les crimes majeurs (désobéissance à un ordre important mais n'ayant pas eu de graves conséquences, destruction ou vol de biens de grande valeur d'un Granbreton, vol de peu d'ampleur d'un Ordre, grave manquement à ses devoirs, comme ne pas tenir son Masque en bon état ou avoir été incapable de tenir une position jugée facile au combat, insulte à un supérieur, blessures volontaires envers un égal ou un subordonné de son Ordre ou envers un Granbreton d'un autre Ordre qui ne soit ni Connétable ni Grand Connétable, blessures involontaires sur un supérieur hiérarchique, un Connétable ou un Grand Connétable, meurtre sans préméditation d'un autre Granbreton) sont punis d'un emprisonnement de six mois à un an, d'un DéMasquage de trois à six semaines, d'une Grave Punition (une mutilation physique), ou bien par la mort, si le crime a été fait d'une façon particulièrement malveillante.

Enfin, il y a les crimes infamants, qui représentent les insultes à Huon, la lâcheté, l'assassinat d'un autre Granbreton, les coups et blessures volontaires envers un Connétable, un Grand Connétable ou un supérieur hiérarchique, les vols d'importance de biens de son Ordre ou d'un autre Ordre, la désobéissance ayant eu de graves conséquences et le manquement aux devoirs d'un citoyen granbreton (compassion envers un étranger, négligence de signaler un descendant, trahison, conspiration, mensonge à ses supérieurs). Les crimes infamants ne connaissent que cinq châtiments, qui sont, par ordre croissant d'importance, la mission suicide (si le condamné venait à y survivre, il devrait se suicider), l'exécution, la mort sous la torture, la participation aux expériences des Serpents ou des Vipères, en tant que cobaye, et enfin la Cérémonie du Sans-Masque, qui se déroule sur la Place de la Honte et fait du condamné un Sans-Masque définitivement.

 

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